techne marseille

ACT !

En ce tournant de décennie, il est indéniable que la performance en tant qu’expression artistique connaît un renouveau important, déclenchant de nouvelles questions et déployant un nombre considérable de formes inédites. Ce moment particulièrement fertile nous a amenés à une ligne de réflexion qui traverse l’édition 2011 des Rencontres Internationales des Arts Multimédia. Cependant, il ne s’agira aucunement de revisiter l’histoire du happening ou de la performance mais plutôt d’explorer les contours de son renouvellement actuel.

Cette édition cherche ainsi à réfléchir au potentiel de l’action performative dans l’art, qu’il s’agisse d’activer des objets, des instruments ou des dispositifs scéniques, mettant en mouvement le sens des oeuvres. La notion de performance traverse désormais presque tous les champs de la création artistique, de la musique à la peinture. Revendiquées un temps comme fusion entre l’art et la vie, les performances actuelles n’opposent pas l’événement et sa représentation, et n’excluent pas l’utilisation d’éléments théâtraux, dans des contextes aussi différents que des salles de concert, des auditoriums de conférences ou des lieux d’exposition. Plutôt que la mise à l’épreuve d’un « moment de vérité », il s’agit alors de signaler l’artifice des codes et règles qui régissent l’espace social et politique à travers la construction de situations où le « réel » est scénarisé, mis en scène et expérimenté.

L’art sonore dans sa dimension performative assume un rôle important dans cette édition, cherchant à donner corps à l’immatérialité des dispositifs habituels d’écoute et de spatialisation du son, tout en élargissant les recherches sur le domaine de la voix et l’oralité, qu’il s’agisse de performance vocale ou de poésie contemporaine.

Les propositions artistiques, poétiques et sonores présentées cette année dans le cadre des RIAM, utilisent la scène, le plateau ou les lieux d’exposition comme un terrain de jeu, n’hésitant pas à l’investir dans sa dimension théâtrale, autant dans la remise en question des fonctions de l’espace, qu’en l’utilisant comme un décor pour jouer avec des masques, renverser les identités stables et les frontières entre les disciplines artistiques.

It is undeniable that performance art as an artistic expression is experiencing an important renaissance at this turn of the decade. Newly asked questions demand various new forms of artwork. It is this fertile moment that asks for some reflection and takes us directly to the 2011 “Rencontres Internationales des Arts Multimédia” edition. The encounter has no intention of revisiting history neither of the “happening” nor of performance art in general, but to explore the outline of this ongoing transformation.

This year’s festival likes to think of the potential performances might have in art; how it could reinvent objects, instruments or scenic devices in order to bring the artwork meanings into motion. Nowadays the idea of performance crosses more or less all domains of the creation of art, going from music to paintings. There is a sense of mergence between art and everyday life, therefore performance art dares to cross borders by using new contexts, both spatial and intellectual. Instead of having a “moment of truth” this reflection is more about pointing out the combination of norms and rules that define our society. This in turn is illustrated through the artistic reconstruction of situations that restage and test our reality.

Also auditory art in its performative dimensions plays an important role in this year’s festival. There is a struggle to question the spatialization and the habit of listening to sound, while encouraging personal reflection on voices and acoustics, across all environments, whether vocal performances or contemporary poetry.

This year’s artistic, poetic and acoustic selections of the RIAM use not only stages but also other kind of exhibition places as their playground. Presenters don’t hesitate to integrate theatrical elements, question the functionality of space and to  simply use them as backdrop, to do role-plays. Their proper identities are reinvented and artistic boundaries are redefined.